Un retour long et semé d'embuches

En 1369, contre une somme de 300 florins, 6 familles juivent sont autoriqées à se réinstaller à Strasbourg. Elles sont suivies par 16 autres familles. Mais les retours répétés de la Peste Noire mettent un terme à la présence juive à Strasbourg, pour près de 4 siècles.

Différentes communautés s’installent dans les villages proches de la ville (Lingolsheim, Wolfisheim et Bischheim). Autorisés à pénétrer dans Strasbourg la journée, les juifs doivent, impérativement, en sortir lors de la fermeture des portes de la ville (en passant par la fameuse porte « des juifs » et monnayant un droit de passage). Le signal du départ est donné par les veilleurs de la Cathédrale, au moyen d’une copie en bronze d’un shofar (instrument religieux taillé dans une corne de bélier et utilisée comme trompe) récupéré après le massacre de 1349 et communément nommée par les strasbourgeois « Gruselhorn ».

Leur interdiction de résidence n’empêche pas les différentes communautés de s’organiser et de reprendre leur activité de prêt. L’intégration de Strasbourg au Royaume de France, sous Louis XIV, n’a que peu d’effet sur la situation des juifs et sur l’arsenal des lois discriminatoires dont ils font l’objet. Quelques très rares exceptions bénéficient pourtant de « privilèges », accordés uniquement en regard de leur charges et de leurs relations avec le Roi de France.

La Révolution, esprit libéral aidant, finit par rendre aux juifs leurs droits.

L’Empire, suite à des plaintes répétées de la part des magistrats strasbourgeois qui accusent les usuriers juifs d’anéantir les finances alsaciennes, limite certains de leurs droits (autorisation préfectorale obligatoire pour toute ouverture de commerce, limitation des prêts etc.).

Avec la débâcle de 1870 et la germanisation de Strasbourg, de nombreux juifs décident de quitter l’Alsace tant leur attachement à la France est important.

La victoire de 1918 marque leur retour mais leur tranquillité ne va durer que 22 ans.

Sur les 10 000 membres que comptait la communauté avant 1940, 8000 reviennent s’installer après la seconde guerre. Environ 1000 personnes sont mortes en déportation.

Pour plus d’informations, rendez vous sur http://www.sdv.fr/judaisme, à tout point de vue, le site de référence sur l’histoire et la culture juive en Alsace.