Gaz contre électricité, un combat perdu d’avance
L’utilisation du gaz de ville apparaît, à Strasbourg, à la fin de la première moitié du 19ème siècle. A cette époque, il est surtout utilisé pour l’éclairage public. Les autorités, soucieuses de faire diminuer le nombre d’agressions nocturnes, décident de remplacer les anciens réverbères à huile par un système d’éclairage à gaz, jugé plus moderne et plus performant.
Le calcule se révèle payant car, mieux éclairées, les rues gagnent rapidement en sécurité. En 1846, la compagnie du gaz strasbourgeoise possède un réseau d’environ 17 km. 8 ans plus tard, il passe à 27 km. En 1867, ce sont près de 50 km de tuyauteries qui alimentent la ville. Technologie trop récente pour être parfaitement maîtrisée, le gaz strasbourgeois laisse quelques souvenirs retentissants dans la mémoire des habitants de l’époque.
A la veille de l’annexion allemande, la ville ne s’éclaire plus que par le gaz. Mais, faute de procédés de régulation adaptés, les brûleurs sont obligés de fonctionner 24 heures sur 24 et 365 jours par an. Plus d’un milliers de lampadaires donne aux nuits strasbourgeoises, une clarté particulière. A cette époque, rares sont les maisons privées à bénéficier des bienfaits de « l’éthéré substance ». Leur nombre commence à augmenter régulièrement à partir des années 1860-1870. Mais, au début du siècle, apparaît un concurrent inquiétant : l’électricité. Certes la « fée » n’est pas sans risque mais elle à le mérite de ne pas volatiliser les édifices à la moindre fuite.
Le 14 septembre 1899 l’ « Elektrizitätswerk Strassburg », société allemande, voit le jour sous l’impulsion de la ville de Strasbourg. En seulement 15 ans, la consommation électrique est multipliée par huit. L’activité de l’ES dépasse alors le simple cadre de la citée. En 1914, Strasbourg alimente près de 200 communes bas-rhinoise. Rare société d’électricité à ne pas être nationalisée en 1946 (la France en compte alors, près de 1300), EDS doit ce traitement de faveur à la nature de son actionnaire principal, la ville de Strasbourg. Cette dernière cède néanmoins ses actions à EDF, 8 ans plus tard.
http://www.electricite-strasbourg.fr