Le Palais des Rohan
Jugeant l'ancienne demeure épiscopale désuète,
le jeune cardinal Armand-Gaston de Soubise
demande l'autorisation à Louis XIV, de lever un impôt pour s'en
faire construire une "mieux adaptée à la hauteur de son
rang". Financé par les habitants de l'évêché,
le chantier est laissé aux bon soins de sieur Robert Cotte, l'un des
plus éminents architectes de la cour.
Agé de 70 ans, l'homme d'esprit conduit les travaux à distance.
Craignant pour sa santé, il refuse de se déplacer personnellement
jusqu'à Strasbourg. La réalisation est donc laissée à
Joseph Massol, l'architecte officiel de l'évêché.
Robert Cotte, ambassadeur du bon goût français et inconditionnel
de Versailles, décide de construire un édifice grandiose, "à
la parisienne". Le gré rose est volontairement délaissé
au profit du gré jaune et les traditionnelles tuiles de terre cuite
sont remplacées par des ardoises.
De style ludovicienne classique, les façade se veulent massives et monumentales. Le résultat est plutôt réussit. Imposante, la construction doit refléter l'importance de l'hôte de ses lieux et doit exposer à tous, la grandeur et la magnificence française. L'Alsace venant tout juste d'être intégrée à la couronne de France, les réticences de la noblesse locale (allemande à 100%) doivent être combattues à grand renfort de prestige et de soirées mondaines.