Une politique sociale avant-gardiste
Confrontée, au début du siècle, à de graves difficultés sociales et économiques, Strasbourg développe une série de mesures, uniques en Europe, visant à protéger les citoyens les plus démunis.
Ainsi, entre 1903 et 1906, elle met elle en place un véritable système d'allocations chômage. Les ouvriers travaillant pour le compte de la ville, bénéficient d'un salaire minimum garanti (l'ancêtre du smic) et d'une allocation chômage spéciale, en cas de perte d'emploi.
Le maire Schutzenberger, conscient de la nécessité d'éviter des clivages sociaux et les sentiments inégalitaires, organisent des campagnes de travaux de voiries et de nettoyage saisonnier pour les chômeurs. Rémunéré sur la base de leur travail, ces derniers perçoivent une solde leur permettant de subvenir à leurs besoins, sans pour autant donner l'impression, aux non chomeurs, de vivre au détriment de la société.
En 1908 est inauguré le nouvel hôpital civil. Construit selon une logique pavillonnaire il surprend par sa taille et la diversité de ses services. A cette époque, il est le plus grand établissement de soins de ce type en Europe.
En 1897, Otto Back, alors maire de la ville, se lance
dans une audacieuse politique de rénovation des logements municipaux. De 1894
à 1914, la capitale alsacienne repart à la conquête de son propre territoire.
En rachetant systématiquement les immeubles délabrés (que leurs propriétaires,
ruinés par l'annexion allemande, ne peuvent entretenir), elle finit par re-posséder
40 % de la surface totale du sol communal.
Cette frénétique politique foncière se ressent, notamment, au Nord de la ville.
Après avoir presque entièrement racheté le quartier des 15, la municipalité
y fait construire un certain nombre de logements sociaux (dont la cité Spach)
ainsi qu'un foyer spécial pour célibataires.
C'est avec le même état d'esprit social et humaniste, que fut lancé,
en 1908, la construction de la cité-jardin du Stockfeld. Calquée
sur le modèle anglais de la "ville à la campagne", le
quartier du Stockfeld, situé à 6 Km au Sud du centre ville, fut
construit afin de reloger une partie des habitants chassés du centre
ville par les travaux de la "Grande Percée".
Très critiqué, le chantier de la Grande Percée, au cours
duquel 35 rues furent rasées, permit pourtant d'améliorer considérablement
la qualité de vie de bon nombres de strasbourgeois.
Il faut dire qu'avant cette date, l'exiguité de certaines rues était
telle qu'il n'était pas rare de trouver des appartement totalement dépourvus
de fenêtre ou d'éclairage naturel. Les cas de tuberculose était
fréquent, notamment ches les enfants. Partant de ce constat, le Maire
Back décida décida de créer une citée ouvrière
en pleine campagne, afin de permettre aux enfant de jouer en plein air et aux
parents de bénéficier de vraies demeures, propres, aérées
et nanties d'un bout de jardin privatif.