Quand on torture le bourreau !
Associées aux ponts couverts, se dressent quatre imposantes tours carrées. A l'origine elles étaient au nombre de cinq mais l'une d'elles, la Maltzenthurm (qui servait de prison pour femmes), fut détruite par un incendie en 1869.
La plus terrible de ces tours était la Heckersthurm, autrement dit, la tour du bourreau. Comme son nom l'indique, elle était utilisée par l'exécuteur des "hautes oeuvres" pour mettre à l'épreuve, tous ceux que les instances de la ville avaient jugées bon de soumettre à la "question". L'une des spécialités locales étaient le supplice du Stockhus. Ce "délicat" instrument se présentait sous la forme d'une presse, dans laquelle on enfermait les pieds des condamnés. Quelques tours de vis suffisaient généralement à faire tout avouer, y compris ce qui n'avait pas été commis. Bien entendu, le savoir-faire et l'expérience des bourreaux strasbourgeois ne s'arrêtaient pas à cette seule technique. La ville mettait à leur disposition tout le matériel nécessaire pour casser, trancher, briser, brûler,empaler, écarteler, tordre ou arracher.
Si le bourreau, personnage marginal et craint, mettait généralement à rude épreuve les pauvres bougres qui passaient entre ses mains il pouvait être, lui aussi, confronté à la colère des juges. Ainsi, en 1565, Sébastien Rosenkrantz, bourreau de son état, fut arrêté pour avoir renseigné et abrité un petit groupe de malfrats. La sanction fut à la hauteur de sa fonction. Après torture, on l'exécuta et on banni sa femme après l'avoir fouettée en public sous les crachats d'une foule hystérique.