Les souvenirs alsaciens d'un poète allemand

Le jeune Johann Wolfgang von Goethe arrive à Strasbourg, en avril 1770. Alors qu'il était initialement venu dans la capitale alsacienne pour y apprendre le droit et y parfaire sa connaissance de la langue française, c'est essentiellement la vie que Goethe va y étudier.
Les nombreuses aventures que le futur "dernier génie universel" va vivre en Alsace, vont lui permettre de côtoyer les esprits scientifiques et littéraires les plus remarquables de son époque.

S'intéressant à tous les sujets scientifiques, le jeune Goethe va se mettre à étudier la chimie, son "amour secret", et l'anatomie, afin de "combattre son dégout inné du sang". Poursuivant son parcours initiatico-thérapeutique, Goethe tente de traiter sa peur du vide, en se lançant à l'assaut de la flêche de la cathédrale. La légende (entretenue par son auteur) veut qu'il se soit adonné, à plusieurs reprises, à de véritables séances d'escalade nocturnes. Quant à sa phobie du bruit c'est en s'approchant d'une batterie de tambours qu'il tentera, un jour, d'y remédier.

Voyageur infatigable, celui que l'on appellera "le marcheur" passera une bonne partie de son année strasbourgeoise, à sillonner la campagne alsacienne et à partir à la rencontre de ses hommes et de leurs cultures. Ses pas le conduiront plusieurs fois, à une vingtaine de kilomètres au Nord de Strasbourg, dans le petit village de Sessenheim, où il y retrouvera son premier grand amour de jeunesse, Frédérique Brion, la fille du pasteur.
De l'avis général, c'est en Alsace que Goethe va puiser une bonne partie de l'inspiration que l'on retrouvera, plus tard, dans bon nombre de ses poèmes.

Aujourd'hui, le séjour strasbourgeois de Goethe est signalé par l'écusson apposé à la maison où il vécut (à quelques pas de la place Gutenberg) et surtout par la statue érigée à l'entrée de la place du Palais Universitaire, par le sculpteur Waegner.