Le secret de l'horloge astronomique


Jadis, le temps valait de l'argent ! Avant la "démocratisation" des montres, réveils et autres horloges, la possession d'outils permettant de mesurer le temps était extrêmement rare et constituait un signe de puissance et de richesse. De nombreuses villes se livraient alors à une "guerre technologique" pour posséder leur propre système de datation temporel.
Dès que l'une d'elle parvenait à construire ou à acquérir une horloge, elle s'empressait de l'exhiber en publique.
Le clocher des églises, partie la plus élevée d'une citée, devint un lieu d'exposition privilégié pour ces mécaniques tant convoitées.
Certes, il était important de prévenir le fidèle des heures de prière mais, plus que tout, il fallait que l'étranger puisse, de retour chez lui, se faire le témoin de la puissance "temporelle" de la ville dont il revenait.

Strasbourg n'échappa pas à ce phénomène. Sitôt sa cathédrale bâtie, il devint urgent de lui adjoindre une horloge. Et comme l'édifice se voulait "le phare de la chrétienté", il lui fallait une horloge à la hauteur de son ambition. Pour la réalisation des plans, on fit appel à l'un des plus grands mathématiciens du 16 ème siècle, le savant Dasypodius. L'exécution revint, aux célèbres frères Habrecht et l'installation fut supervisée par l'architecte de la Cathédrale, le fameux Hans Thomann Ulberger (qui en a d'ailleurs profité pour se faire immortaliser, sous forme d'une statue posée sur un pinacle situé juste au-dessus de l'actuelle horloge).

Il va de soi que l'ensemble de la population s'émerveilla à la vue de la prodigieuse machine. Strasbourg était bel et bien devenu le phare de la chrétienté ! Et pour éviter qu'un quelconque autre "phare" puisse jamais être construit ailleurs, la légende rapporte que l'on attrapa le pauvre Dasypodius et qu'on lui creva les yeux. Bien entendu il s'agit là d'une simple légende mais, après tout, les pharaons ne faisaient-ils pas couper la langue des architectes de leurs pyramides ?