Le Meiseloker

Tout le monde s'accorde à dire que l'alsacien est une langue particulièrement imagée. Ce n’est donc pas un hasard si ce dialecte est particulièrement friand de noms, surnoms et autres qualificatifs, souvent forts peu élogieux. Malgré ce contexte dialectique quelque peu "hostile", on peut dire que les habitants de Strasbourg ont été relativement épargnés.

Au 19ème siècle, le strasbourgeois de souche était surnommé Echter Steckelburjer. Mais ce terme était en réalité surtout réservé aux vieux bourgeois strasbourgeois, racornis et "séché sur pied" par les années, que l'on voyait, la canne à la main et le pas incertain, arpenter le pavé de la capitale alsacienne les jours de soleil.
En fait, le véritable surnom du Strasbourgeois est celui de Meiseloker, autrement dit, le Pipeur de Mésange. Ce terme remonte au 17ème siècle. Son origine est incertaine et deux thèses s’affrontent. La première renvoie à ces jeunes garçons qui, jadis, s’amusaient à capturer des mésanges aux abords de la ville, en les attirant au son de appeaux fabriqués par leurs soins. La seconde, moins gracieuse mais cependant historiquement plus probable, fait référence à la destruction de la tente du roi de France, Henri II, en 1552, par un coup de canon tiré du haut des muraille de la ville. Le "délicat instrument", auteur de cet acte vengeur était surnommé meise (la mésange).

Comme en Alsace les sobriquets tiennent une place toute particulière, il était bien naturel qu’un monument soit érigé en l'honneur du Meiseloker. C’est Place Saint Étienne, que l’on peut donc admirer la statue d’un jeune garçon soufflant dans un appeau (et non dans une flûte !) et tenant dans sa main gauche, une petite cage à oiseaux.