Le quartier des moulins

C'est à cet endroit de la ville, près du quartier de la Petite France, que s'installèrent, dès le 14ème siècle, les premiers moulins à aubes de Strasbourg. La rivière l'Ill, à l'entrée de la ville, se divise en quatre branches dont trois renferment une chute d'eau. Cette topologie particulière se prêta parfaitement à l'installation de moulin à aubes, seuls installations capables, alors, de convertir la force de l'eau en travail mécanique.

Produisant la farine, la poudre d'épices, la craie et l'huile nécessaires au quotidien des strasbourgeois, ces établissements devinrent rapidement sources de convoitise et de spéculations. Posséder un moulin était devenu le "nec plus ultra" en matière de placement. Le manque de place et l'absence de configuration fluviale similaire, interdisait toute construction d'autres établissements de ce type à Strasbourg.
Les premiers propriétaires furent les monastères et les couvents qui les construisirent, puis les moulins passèrent aux mains de différentes familles nobles avant de tomber sous le contrôle de la municipalité et de propriétaires privés fortunés.

Avec le temps et l'apparition des premières machines à vapeur, les moulins à aubes durent faire face à une concurrence de plus en plus forte. De moulins, ces lieux se transformèrent en fabriques de glace. Des moteurs électriques tournaient en permanence pour "fabriquer" le froid nécessaire à la production d'énormes pains de glace. Ces pains étaient ensuite transportés dans des carrioles tirées par des chevaux de traits, et distribués dans toute la ville.

C'est dans ce quartier des moulins que vint s'installer la Compagnie Française des Chocolats et Thés Louis Schaal (qui devint plus tard les Chocolats Schaal). La présence de cette usine emplissait l'air d'une délicieuse odeur de chocolat qui contrastait avec l'effroyable puanteur passée, du proche quartier des tanneurs.