Un arrêté qui sent le souffre
En 1581, un surprenant incident obligea les magistrats
de la ville à prendre des sanctions contre toute personne qui aurait
l'idée, saugrenue mais dangereuse, de stocker, à son domicile,
plus de trois livres de poudre noire. Cette curieuse décision ne souleva
aucune vague d'indignation parmi les habitants, tant la ville était encore
sous le choc du drame qui venait de se dérouler, 5 jours au par avant,
dans l'immeuble situé en face du marché aux poissons.
Ce jour-là, un certain Sébastien Iltis, armurier et fabricant
de poudre, avait eut l'ingénieuse idée, pour gagner un peu de
temps, de faire sécher un baril entier de poudre dans sa stub (pièce
contenant l'un de ces énormes poêles en faïence, typiquement
alsacien). La technique se révéla si efficace, que la poudre,
finit par s'enflammer.
Les conséquenes furent désastreuses. En l'espace de trois secondes,
un pan entier du pâté de maison se désintégra et
engendra un large trou dans lequel vinrent s'effondrer les carcasses éventrées
des immeubles mitoyens. Le bilan fut à la hauteur de l'explosion puisque
11 personnes y laissèrent la vie. Monsieur et Madame Iltis furent enterrés
vivant tandis qu'un pêcheur qui passait en barque, à proximité
de l'immeuble, se retrouva avec une nouvelle tête en véritable
grès des Vosges.