Un peu de tenue !
Comme toutes les grandes villes, Strasbourg a, de tous
temps, eu maille à partir avec la prostitution. Si, aujourd'hui, le macadam
du quartier de la citadelle est généreusement battu par les talons
aiguilles est-européens, jadis, les choses étaient quelque peu
différentes.
Au 16 ème siècle, le quartier des prostituées
était localisé à la hauteur de l'actuel square Louis Weiss
(entre la Petite-France et les ponts couverts). Un certain nombre de lavandières,
très implantées dans ce coin-ci de la ville (du fait de l'omniprésence
de l'eau), arrondissaient régulièrement leurs fins de mois en
pratiquant une double activité "professionnelle". Les histoires
de moeurs devenant trop importantes (les alsaciens, malgrès la rudesse
des hivers, ont le sang chaud), les magistrats de la ville durent prendre des
sanctions.
Désormais, les "femmes de mauvaise vie" devraient se signaler
publiquement, à partir de 21 heure, en arborant un costume spécial.
Interdiction leur était faite de s'attarder devant les troquets et les
lieux publics, sous peine d'être enfermées, pour "racolage",
dans la Malzensturm (une tour servant de prison pour femmes). Sur leur tête,
elle devait porter une coiffe spéciale, de couleur noire et blanche,
permetant de les voir arriver de loin. Pour les hommes, les sanctions n'étaient
pas moins sévères. Ainsi, tout homme marié surpris en train
de promettre un faux mariage à une belle, était irrémédiablement
condamné à avoir les yeux crevés.