La syphilis

La syphilis est une maladie sexuellement transmissible (MST), d'origine bactérienne. L'agent pathogène se dénomme treponema pallidum.
Comme toute les MST, la syphilis s'attrape par voies sexuelles et sanguines.

Le premier symptôme de la syphilis est le chancre syphilitique. C'est une sorte de petite plaie localisée dans la région du contact sexuel (pénis, vagin, anus, rectum ou bouche). Ce chancre n'apparaît que 2 à 6 semaines après la transmission et disparaît très rapidement. C'est pourquoi, à ce stade de la maladie, la plupart des syphilitiques sont des malades qui s'ignorent (ce qui en fait de parfaits vecteurs).

Juste après la disparition du chancre, on constate une éruption cutanée sur tout le corps. Les ganglions lymphatiques enflent et deviennent douloureux, la fièvre s'installe et entraîne un état de fatigue important et permanent. Là encore, ces symptômes s'atténuent totalement au bout de quelques semaines, laissant généralement le patient dans l'illusion de sa guérison.

Mais, bien que les symptômes semblent disparaître, la bactérie treponema pallidum est plus que jamais présente. Si la maladie n'est pas diagnostiquée et rapidement soignée, grâce à un traitement antibiotique approprié, les conséquences peuvent se révéler désastreuses. Des dysfonctionnements cardiaques apparaissent, suivis d'une perte de la vue. Des crises de démence surviennent ensuite précédant des paralysies de plus en plus violentes. A ce stade, la seule échappatoire possible pour le patient est la mort.

Où l'on parle de "passer à la casserole"...

Autrefois, avant que Fleming ne découvre la pénicilline, le seul traitement connu pour lutter contre ce terrible fléau, était le mercure.
A partir du 19ème siècle on commença à l'appliquer, sous forme de crème, sur les lésions cutanées du patient.
Mais avant cette date, le mercure était directement utilisé à l'état pur !

Le malade était enfermé dans une pièce hermétiquement close, dans laquelle était mise à bouillir une casserole pleine de mercure métallique. Chauffé, ce métal (le seul à être liquide à température et pression ordinaire) se mettait à dégager d'épaisses vapeurs, censées "extirper le mal à la racine". En fait d'arracher le mal, c'est surtout le vies que cet éthéré traitement enlevait !

Le mercure, qui appartient à la catégorie des métaux lourds, interagit fortement avec certaine de nos protéines ainsi qu'avec notre ADN. A petite dose, il peut entraîner de terribles maladies comme le saturnisme, mais à forte dose, il devient létal. Voilà pourquoi tous les syphilitiques de l'époque, craignaient de devoir passer "à la casserole". Si, de nos jours, la maladie a pratiquement disparu, l'expression et son sens nous sont pourtant restés.