Le plan basilical

A l'époque de la Rome et de la Grèce antique, les lieux de culte (autrement dit, les temples), étaient réservés aux seuls prêtres. La foule des fidèles, n' avait pas le droit d'y entrer.
En 312, l'Empereur Romain, Constantin, décide de placer sous sa protection, le culte chrétien. Jusque-là pourchassés et considérés comme les membres suspects d'une secte aux sombres dessins (des "fanatiques" qui "boivent le sang" de leur "sauveur" !), les chrétiens vont se mettre en devoir de propager, le plus rapidement possible, la "parole divine". Mais, pour eux, se pose immédiatement la question du lieu de l'exercice du culte. Le christianisme prêchant une religion de "l'homme pour l'homme", les lieux de culte chrétiens doivent pouvoir, à l'inverse des temples païens, accueillir les fidèles. Il est donc exclu de réutiliser l'architecture des temples antiques, ne serait-ce qu'à cause de leur origine païenne.
Le regard des premiers bâtisseurs d'églises va, alors, se poser sur un type d'édifice bien particulier, la basilique romaine.

La basilique romaine est, en réalité, une amélioration du portique grecque.
Dans la Grèce antique, les places publiques de chaque cité, (les agoras), étaient protégées des intempéries par une structure constituée d'une charpente, plus ou moins importante, soutenue par des rangées de piliers. Ces portiques étaient tout à la fois, lieux de commerce, d'échanges, de discussion et sièges de la magistrature (on y rendait les jugements). Pour la première fois de l'histoire de l'Occident, des architectes étaient amenés à penser des structures couvertes, de forts volumes, entièrement dédiées à une activité civile intense et populaire.
Quelques temps plus tard, les romains reprennent le concept du portique, et effectuent quelques petites améliorations. C'est ainsi qu'ils créent, vers 180 avant JC, la basilique romaine. Constituée d'un vaisseau central, flanqué de deux collatéraux, l'édifice se termine, à l'une de ses extrémités, par un mur en forme de demi-cylindre : l'abside. C'est dans cette partie du bâtiment que siègent les magistrats publiques, lors des procès et des jugements.

Les chrétiens reprennent ce plan et y apportent, à leur tour, quelques retouches personnelles. Ils l'orientent systématiquement vers l'Orient (l'Est) car, c'est de là que viendra le Christ, au dernier jour de l'humanité. Ils déplacent les portes d'accès, vers le milieu de ce qui deviendra, par la suite, le massif antérieur.
Et, ils font de l'abside, l'emplacement du siège de l'évêque en prenant soin de placer, juste devant, l'autel sur lequel est pratiqué l'eucharistie. Alors que dans les temps antiques, les autels étaient généralement situés en plein air, hors des temples, les chrétiens décident de les ramener à l'intérieur, afin d'exalter le sentiment de communion collective.
Au début du Moyen-Âge, des clochers viennent se greffer sur les édifices, généralement au niveau du massif antérieur. Leur fonction principale est d'indiquer aux fidèles, les différentes heures de prières. Des narthex apparaissent dans les massifs antérieurs et les transepts commencent à se multiplier, permettant ainsi d'accroître l'éclairage et la luminosité des édifices.