L'architecture gothique
Récupérant les arcs
en plein cintre et les voûtes appareillées
romanes, l'architecture gothique va les améliorer en les renforçant,
grâce à trois nouveaux types de structures: l'arc brisé,
la croisée d'ogives et l'arc boutant.
De par ses caractéristiques architecturales,
l'église romane souffre de deux handicaps majeurs. Premièrement,
sa taille est limitée par les contraintes physiques imposées aux
murs porteurs par la présence, à leur sommet, de voûtes
appareillées en pierres de taille. Deuxièmement, les tensions
supportées par les murs, ainsi que leur épaisseur, limitent considérablement
le creusement d'ouvertures. De ce fait, l'obscurité et le froid règnent
à l'intérieur des édifices romans.
L'arc brisé, en déviant et en canalisant
les forces exercées sur sa structure, de manière encore plus efficace
que l'arc en plein cintre, va permettre d'augmenter la portée des arcs
(leur largeur) et de relever leur flèche (leur hauteur). Grâce
à l'arc brisé, les édifices gothiques s'élargissent
et prennent de la hauteur. Mais, si l'église gothique "décolle"
vers les cieux, le problème de l'absence de luminosité reste,
quant à lui, totalement posé.
Le meilleur moyen d'éclairer l'intérieur d'une construction, est
de percer ses murs, d'ouvertures. L'inconvénient de cette technique est
qu'elle entraîne une diminution importante de la résistance de
l'édifice. Pour remédier à cette fragilisation, les architectes
gothiques vont mettre au point une nouvelle structure de soutènement,
particulièrement performante: l'arc boutant.
L'arc boutant, en luttant dynamiquement contre l'écartement des murs
de soutènement, causé par l'augmentation concomitante de leur
hauteur et du poids des voûtes qu'ils supportent, va permettre d'ouvrir
les façades à la lumière du jour. A partir de ce moment,
les églises et les cathédrales se transforment en de véritables
dentelles de pierre.
Afin de protéger les fidèles, des désagréments du
vent et de la pluie, les ouvertures pratiquées dans les murs des édifices
religieux gothiques, sont protégées par des vitraux et des rosaces.
Le verre, seul matériaux solide et transparent de l'époque, fait,
dorénavant, partie intégrante des nouvelles constructions. Mais,
folie des grandeurs aidant, la taille des vitraux s'accroît de manière
exponentielle. Bien que possédant une certaine solidité, les grandes
surfaces de verre, résistent difficilement (de par leur portance) aux
assauts intensifs et répétés, du vent. Les bâtisseurs
de cathédrales se tournent alors vers le métal pour ancrer dans
la pierre et renforcer, ces fragiles structures.
Dernière grande nouveauté de l'art gothique, la croisée
d'ogive permet de stabiliser et de consolider les voûtes gothiques. Elle
donne naissance à l'une des structures les plus emblématique de
ce courant architectural, la voûte sur croisée
d'ogive. Cette dernière joue un rôle très important
dans l'élévation et l'élargissement des constructions.