Les tribunes

Les tribunes n'existent que dans les églises possédant des collatéraux à deux étages. Formant ce deuxième étage, elles longent la nef sur toute sa longueur et se matérialisent sous la forme d'un long couloir.
Les tribunes font partie du dispositif, mis au point par les architectes romans, pour soutenir et neutraliser les forces d'écartement exercées sur les murs, par les voûtes appareillées.

Bien que ressemblant à de longs couloirs, les tribunes ne sont pas destinées au passage des personnes. Ouverte sur l'intérieur de l'édifice, par de larges baies, et sur l'extérieur, par de nombreuses petites ouvertures, la tribune joue un rôle important dans l'apport de luminosité à l'intérieur de l'édifice.

Mais, sa véritable raison d'être, reste la consolidation du bâtiment. Coiffée, en son sommet, d'un demi-berceau (structure en quart de cercle) prenant appui, à la fois, sur la base de la tribune et, sur la base de l'arc en plein cintre supportant la voûte du vaisseau central, la tribune permet de s'opposer, en la repoussant, à la force d'écartement engendrée par les voûtes appareillées, au sommet des murs de soutènement du vaisseau central. Si les contreforts "raidissent" l'édifice, en agissant passivement par leur seul poids, les demi-berceaux, qui constituent la toiture des tribunes, agissent de manière véritablement active et dynamique.

De manière générale, on dit que les contreforts sont des organes d'épaulement (action passive) de l'édifice tandis que les tribunes (par le biais de leur toiture en demi-berceau), sont des organes de contrebutement (action dynamique).