La voûte appareillée
![]() Image de synthèse : Alain Bittler |
La voûte appareillée est l'un des éléments
clés de l'architecture romane et de l'architecture gothique.
Déjà connue des romains, la voûte est parfois utilisée
dans certaines de leurs constructions. A cette époque, seule la technique
de fabrication diffère. Pour construire leurs voûtes, les romains
utilisent une sorte de béton, qu'ils coulent sur des gabarits en bois.
Ils obtiennent, ainsi, des voûtes dites concrètes, plus
lourdes que les voûtes appareillées romanes et gothiques
mais, sensiblement plus résistantes (car coulées d'un bloc).
![]() Image de synthèse : Alain Bittler |
Les architectes romans auraient pu reprendre la méthode antique mais, les contraintes techniques et économiques inhérentes à ce procédé, les en dissuadent. En effet, la méthode romaine nécessite de grandes quantités de bétons. Or, la chaux, qui est l'un des éléments constitutifs du béton est, à cette époque, un composant relativement difficile à produire. Ce matériau s'obtient en brûlant de grandes quantités de calcaire dans des fours spéciaux, ce qui implique l'utilisation d'énormes volumes de calcaire et de bois de chauffage. De plus, si la chaux n'est pas rapidement stockée à l'abris de l'humidité, elle réagit avec l'eau et devient, en peu de temps, complètement inutilisable.
![]() Image de synthèse : Alain Bittler |
Or, à cette époque, les méthodes
de stockage sont inexistantes (pas de locaux parfaitement secs, pas de sacs
de papier ou de carton, pas de plastique, pas de produits déssicants
(qui assèchent)). Pour les architectes romans, couler une voûte
en béton, revient à effectuer les opérations de préparation
de la chaux et de coulage, dans la même journée. Un tel processus
nécessite l'intervention, simultanée, d'un nombre très
important d'ouvriers spécialisés. Elle se révèle,
par conséquent très difficile à mettre en oeuvre et, surtout,
trop coûteuse. En outre, le calcaire n'est pas présent dans toutes
les régions et les quantités de bois, nécessaires au fonctionnement
des fours à chaux, impliquent l'abattage de forêts entières.
C'est donc vers la pierre que les bâtisseurs de l'époque, vont
se tourner. Présente absolument partout, relativement facile à
travailler, solide, insensible aux intempéries et aisément stockable,
la pierre est un matériau n'obligeant pas, les équipes de bâtisseurs,
à travailler dans l'urgence.
Sur le plan humain, l'utilisation de la pierre permet de diminuer les effectifs
dans les chantiers. Désormais, la construction d'un édifice peut
être prise en charge par des équipes d'ouvriers restreintes, épaulées
par de petits groupes de tailleurs de pierres. C'est à partir de cette
époque, que les métiers de tailleurs de pierre et de maçon
vont, véritablement, se différencier.