Le pont de l'Abattoir
L'histoire du pont de l'Abattoir remonte au Moyen-Age. A cette
époque, il permet de relier le centre de Strasbourg à l'imposant
bâtiment de la Commanderie des Chevaliers de Saint Jean (l'actuelle
ENA). Le pont n'est alors qu'une simple passerelle en bois recouverte d'une
toiture légère.
Avec la transformation de la Commanderie en prison pour femmes, puis, avec
l'installation des abattoirs de la ville à proximité, le pont
est successivement rebaptisé : Pont de la Maison d'arrêt des
femmes, Pont du Péage de la Bruche, Pont de la Maison de correction,
puis en 1858, Pont de l'Abattoir.
La frêle structure en bois qui repose pourtant déjà
sur de solides piles en pierres, est remplacée par un ouvrage moderne
sensé mieux résister au courant du canal du Faux-Rempart. Mais,
cette résistance n'est que très théorique car, le 22
octobre 1899, le pilier central s'enfonce soudainement de plus de deux mètres.
Le tablier, qui n'est plus alors soutenu en son centre, se rompt sous la force
de son propre poids. Par chance, les quatre piétons qui se trouvaient
sur le pont au moment de l'incident, parviennent à regagner la rive
sans encombre.
Aujourd'hui, le pont de l'Abattoir est le seul pont du centre de Strasbourg
à intégrer un barrage, une écluse et une "échelle
à poissons".