Les Sœurs de la Charité

Dans les temps antiques, un lien étroit lie tous les membres d'une même cité entre eux. Du coup, toute personne étrangère au groupe est irrémédiablement considéré comme un "ennemie". Afin de rompre avec cette vision xénophobe, le christianisme apporte la notion de fraternité. "Nous sommes tous des enfants de Dieu, sans aucune distinction ni exception".

C'est dans ce nouvel esprit d'égalité qu'apparaît la notion de charité. Certes, sur le plan de l'âme, tous les êtres humains sont égaux (en théorie, du moins), mais sur le plan physique et social, les inégalités persistent. Partant de ce constat, certains ordres religieux décident de faire alors, de l'aide et du soutien à autrui, l'une de leurs mission principale. Soignant les malades et les infirmes, apportant la soupe aux affamés et accueillant les vieux, les moribonds et les orphelins, ces ordres se développent rapidement et gagnent en popularité.

Sur le plan strictement religieux, l'exercice de la charité comprend les oeuvres de miséricordes corporelles et spirituelles. On soigne aussi bien les corps (des vivants comme des morts) que les esprits, en convertissant les pêcheurs, en priant pour les vivants (mais aussi pour les morts) et en éduquant les plus jeunes. Véritable discipline, la charité n'est suivie que par une minorité d'ordres religieux.

Ordre le plus représentatif de cet état d'esprit, les Sœurs de la Charité sont crées par Saint-Vincent de Paul vers 1661. Reconnues quelques années plus tard, par Louis XIV et par le Pape, elles se répandent rapidement partout en Europe. Celles que l'on appelle aussi les Soeurs Grises, apportent aide et soutien aux plus démunis. Leur popularité est telle, qu'au lendemain de la Révolution, elles sont le tout premiers ordres religieux à être rétabli en France.